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Pic électrique : les failles du nucléaire
LES VERTS - COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 7 JANVIER 2009
Le couple chauffage électrique/énergie nucléaire est responsable à la fois des risques de coupure d’électricité et de l’aggravation d’émissions de gaz à effet de serre.
Il a suffit d’un seul jour avec un temps "de saison" pour que la consommation d’électricité batte un record en atteignant 90 200 mégawatts lundi soir et peut être de 91.000 MW mardi et mercredi et qu’on soit menacé de coupures de courant.
C’est l’une des perversions du système nucléaire : pour consommer la surproduction électrique d’EDF, le chauffage électrique a été implanté massivement en France.
Mais les jours de grand froid, la demande dépasse l’offre et il faut faire appel aux vieilles centrales au fioul d’EDF et importer du courant d’Allemagne, championne des centrales à charbon. Ainsi, ce sont près de 600 grammes de C02 par kWh qui sont rejetés pour le chauffage électrique, soit trois fois plus que pour le chauffage central au gaz. Ce qui contredit lourdement la communication déployée par EDF et Areva.
De plus cette surconsommation alourdit fortement les factures de chauffage des ménages les plus modestes qui n’ont pas d’autres choix que se chauffer à l’électricité.
Pour les Verts, la surconsommation électrique organisée pour offrir des débouchées au lobby nucléaire doit cesser. Le nucléaire n’est ni une énergie propre, ni une solution durable. Il faut dès maintenant se préparer à en sortir :
la principale ressource énergétique se situe dans... les économies d’énergie. Un kWh coûte moins cher à économiser qu’à produire ;
le potentiel des énergies renouvelables est loin d’être exploité comme il le faudrait en France, au détriment de l’environnement, mais aussi de l’emploi ;
une grande partie de l’électricité produite est perdue dans les fuites du réseau. Il faut donc promouvoir les énergies renouvelables, décentralisées et plus proche de leur lieu de consommation finale ;
les fonds engloutis dans les coûteux chantiers des EPR seraient bien plus profitables en termes d’emplois s’ils étaient investi dans les énergies renouvelables ou l’isolation des bâtiments.
Malheureusement, malgré les engagements du Grenelle, mettre en place une politique énergétique écologiquement responsable et socialement juste n’a pas l’air d’être la priorité du gouvernement.
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Article paru dans Sud-Ouest le lundi 05 Janvier 2009
ENERGIE. Victime de nombreuses coupures ces derniers mois, le réseau électrique français entre début janvier dans la période la plus critique de l’année, durant laquelle les pics de consommation accroissent le risque de rupture d’approvisionnement.
Le réseau électrique français entre dans une période critique
2008 a déjà été marqué par plusieurs coupures de grande ampleur, illustrant la fragilité du réseau français, en mal d’investissements depuis plusieurs années. Fin novembre, 1,5 million de foyers ont ainsi été privés d’électricité dans le sud-est après un orage violent qui avait touché une ligne à haute tension.
Avec le début officiel de l’hiver, la crainte est désormais que le système de production et de transport d’électricité ne puisse pas faire face aux pics de consommation.
Dans un document publié en octobre, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE), gestionnaire des lignes à haute tension, jugeait ainsi qu’il existait un "risque modéré de rupture d’approvisionnement" durant la première quinzaine de janvier en cas de "vague de froid intense et durable".
"En janvier, on entre dans une zone qu’on n’aime pas trop parce qu’il y a moins de marge de production que d’habitude. Et quand il y a moins de marge, on n’est pas forcément capable de faire face à un aléa", confiait dernièrement Dominique Maillard, président de RTE.
Le fort équipement des Français en chauffages électriques rend en effet la consommation hexagonale d’électricité extrêmement sensible aux variations de températures.
Ainsi, en hiver, une baisse de température d’un degré sur l’ensemble du territoire peut entraîner une hausse d’environ 2.100 mégawatts (MW) de la consommation, soit environ deux fois la consommation de Marseille et de son agglomération un jour de pointe.
Le phénomène est particulièrement aigu autour de 19H00, quand les Français rentrent du travail et mettent en marche chauffages, machines à laver, fours et plaques chauffantes... Ces gestes apparemment anodins font alors bondir la consommation d’électrons à des niveaux records.
Et la multiplication des appareils électroniques (ordinateur portable, lecteur MP3...) accentue encore cette tendance : la consommation en période de pointe progresse ainsi chaque année plus fortement que la consommation moyenne.
Pour faire face à ces périodes dites "d’extrême pointe", RTE doit réquisitionner tous les moyens de production disponibles. Il s’agit par exemple des turbines à combustion au fioul et au gaz : fortement émettrices de gaz à effet de serre, elles ont toutefois l’avantage de pouvoir être portées à pleine puissance en une vingtaine de minutes seulement.
Si ces centrales ne s’avèrent toujours pas suffisantes, de l’électricité peut alors être importée d’Allemagne, d’Italie ou de Suisse. RTE prévoit de le faire durant une semaine en janvier.
En dernier recours, le gestionnaire du réseau de transport peut décider de procéder à des "délestages", c’est-à-dire à des coupures de courant partielles.
Le risque est en effet qu’une surconsommation entraîne une baisse de la fréquence électrique sur le réseau, ce qui ferait disjoncter des centrales et menacerait de faire s’écrouler le système.
Pour faire face à la situation particulièrement critique de la Bretagne, qui dépend à 92% des autres régions de France pour sa consommation, RTE a lancé un système d’alerte par e-mail et SMS afin d’inciter les habitants à limiter leur consommation en cas de grand froid.
Le système pourrait être étendu à toute la France dans les deux ou trois ans à venir.
A lire également : cet article du Journal de l’environnement.
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