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Le Médoc face à son avenir
L’ILLUSION PRODUCTIVISTE OU L’ÉCONOMIE ALTERNATIVE ?

Sous prétexte de développement ou de désenclavement, le Médoc subit des tentatives d’agressions environnementales d’une ampleur peu commune. Grand contournement autoroutier de Bordeaux en Sud-Médoc, projet de port méthanier en Nord-Médoc, projet de gazoduc allant du Verdon jusqu’au réseau national, à l’est de la Gironde... Il est temps de faire le choix d’un Médoc différent, unique, durable mais aussi vivable, convivial, moderne. Écologique.

Il faudrait déjà se mettre d’accord sur les notions de développement et de désenclavement... Nous pensons que le Médoc n’a pas besoin d’être parsemé d’usines et quadrillé de voies rapides ! D’autant qu’en ces temps de dérèglement climatique et de lutte contre l’effet de serre, et en attendant les premiers effets de pénurie des carburants fossiles, on voit bien que l’avenir n’est plus dans le couple autoroute / industrie.

Nous l’avions déjà fait remarquer aux élus du Médoc il y a quelques années [1] : ce n’est pas de l’extérieur qu’il faut attendre un projet miracle qui résoudra les problèmes d’activité économique. Le Médoc doit trouver dans ses propres spécificités (ses ressources, sa culture) les moyens d’assurer son avenir et celui de ses habitants.

Les atouts ne lui manquent pas, mais il faut savoir se tourner vers l’avenir.

L’avenir, ce sont les emplois de proximité et non délocalisables, respectueux des gens et de la nature, liés au service public et aux services à la personne d’une part, à l’agroalimentaire et à l’énergie d’autre part.

Les atouts, ce sont :
-  l’estuaire, l’un de plus grands et des mieux préservés d’Europe,
-  le littoral océanique,
-  le vent, favorable aux sports de voile et... aux éoliennes
-  l’agroalimentaire (viticulture, élevage)
-  les industries et activités maritimes (chantiers navals, ports du Verdon et de Pauillac)
-  la voie ferrée Bordeaux - Le Verdon, qu’il faudrait doubler pour en faire la colonne vertébrale de l’activité économique médocaine.

Plutôt que d’accueillir à bras ouverts un terminal méthanier qui, pour 50 emplois créés, risque de peser longtemps sur le paysage (et sur l’ambiance !) du Nord-Médoc, pourquoi ne pas s’orienter vers des activités qui ne dépendront pas des fonds de pension étasuniens et des stratégies géo-politiques mondiales ?

L’une des grues du port du Verdon (photo XL) - 20.6 ko

L’une des grues du port du Verdon (photo XL)
Le Port du Verdon pourrait devenir la plateforme d’expédition d’éoliennes made in France.

Quelques exemples de possibilités dans l’industrie

Une industrie des éoliennes Fabriquer des éoliennes, c’est créer en quelques années environs 300 emplois directs : 50 pour les bureaux d’étude et l’assemblage (ingénieurs et techniciens issus des filières aéronautiques), 250 pour fabriquer les pales en composites (ouvriers et techniciens issus du Lycée de la Mer à Gujan Mestras).

Le premier marché serait local (le Médoc est intéressant en terme de puissance et régularité des vents), ce qui induirait des emplois dans le BTP (implantation des éoliennes) et dans la maintenance (entretien des parc éoliens et des réseaux de distribution, renouvellement des pièces - en particulier les pales qui ont une durée de vie d’une douzaine d’années).

Ensuite, rien n’interdit de penser à l’exportation en France (il n’existe pas d’industriel français des éoliennes) et dans le reste du Monde. Et là, les ports du Verdon et de Pauillac (embarcadère EADS) sont des atouts imparables [2].

Dernière minute : il y a du nouveau sur ce thème !

Filière bois De plus en plus de communes et de particuliers s’équipent de chaudières à bois, pour des raisons à la fois écologiques (lutte contre l’effet de serre) et économiques (inflation du prix des énergies fossiles). Une filière bois-énergie serait assurée de débouchés croissants et pérennes. Cette filière, basée sur la sylviculture, pourrait aussi expérimenter une activité de récupération du bois déchet.

Élevage et agriculture bio Grâce à ses vins, le Médoc bénéficie d’une réputation mondiale de qualité. Il serait judicieux de capitaliser cette image sur d’autres produits agricoles ou d’élevage, par le biais de label ou d’AOC répondant à des critères exigeants.
Déja, un certain nombre d’exploitants a fait le choix du "bio". Pourquoi ne pas étendre ces pratiques à l’ensemble du Médoc ?

Quelques exemples de possibilités dans le tourisme

Croisières à Pauillac Les grands navire de croisière vont à Bordeaux... Pourquoi ne pas leur proposer d’aller plutôt à Pauillac ? Il y aurait là de nombreux avantages :
-  l’impact économique serait largement plus sensible en Médoc qu’à Bordeaux, en particulier dans le commerce et le tourisme.
-  les vaisseaux économiseraient quelques heures de navigation lente entre Pauillac et Bordeaux
-  la question du futur Pont de Bordeaux serait réglée : le passage des paquebots ne serait plus une contrainte.
Pour les éventuels touristes peu intéréssés par les animations locales, il y aurait une liaison spéciale vers Bordeaux, en train ou car "de luxe", permettant d’accéder aux délices de la capitale régionale.

Tourisme industriel
-  Un circuit de l’industrie énergétique qui comprendrait (entre autres ?) la raffinerie de Pauillac, la CNPE du Blayais et... l’usine de montage d’éoliennes et la filière bois-énergie !
-  Un circuit des établissements agricoles certifiés bio.

Port-Médoc : un potentiel évident - 18 ko

Port-Médoc : un potentiel évident
La navigation de plaisance est un atout dans la politique touristique du Médoc (Photo XL).

Tourisme sportif et culturel
-  Un réseau de pistes de randonnées balisées. Le top : une piste de randonnée pédestre / cycliste en bordure d’estuaire... de Bordeaux à la Pointe de Grave.
-  Un événement annuel lié à la mer, à Port Médoc (rassemblement de voiliers ? festival de chants de marins ?)

En balade avec Charlotte Rhein - 72.8 ko

En balade avec Charlotte Rhein
Article Sud-Ouest paru en janvier 2010 (deux ans et demi après la publication de cette page)

Ces quelques idées ne sont que des exemples, il en existe sûrement beaucoup d’autres à connaître et développer en Médoc. Cela demande juste un peu de courage... et des subventions ! Parlez-en à vos élus !

Quelques liens :

-  Les Verts Médoc
-  Site sur la Pointe de Grave
-  Association Une Pointe pour tous


[1] Voir, dans cet article sur le contournement autoroutier de Bordeaux, le point 4 : Détournement de créativité

[2] Voir également l’article Des missiles nucléaires... aux énergies renouvelables

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